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Sous les projecteurs de HomeLord en BD - Science Fiction |
Shangri-La
Mathieu BABLET 222 pages Date de sortie : 02/09/2016 Images de Shangri-La (3)
PRESENTATION Dans un futur lointain de quelques centaines d’années, les hommes vivent dans une station spatiale loin de la Terre et régie par une multinationale à qui est voué un véritable culte. En apparence, tout le monde semble se satisfaire de cette « société parfaite ». Dans ce contexte, les hommes veulent repousser leurs propres limites et devenir les égaux des dieux. C’est en mettant en place un programme visant à créer la vie à partir de rien sur Shangri-La, une des régions les plus hospitalières de Titan, qu’ils comptent bien réécrire la « Genèse » à leur façon.
MON AVIS 
Je ne sais que trop penser après la lecture de cette imposante BD de 222 pages. Tellement que je n'arrive pas à rédiger ma critique. Je vais commencer par ce qui m'a impressionné : les graphismes ! Tout ce qui est décor, les extérieurs dans l'espace avec ce noir profond et la Terre à l'horizon, ou les intérieurs de la station spatiale qui constituent la majorité du contenu, sont la résultante d'un travail phénoménale. Ce sont des millions de détails, de lignes tracées pour figurer à la fois la profondeur et la perspective de ces enchevêtrements de métal, de tuyaux, de fenêtres de cette gigantesque structure. Chaque case est peaufinée, l'artiste n'a visiblement pas compté ses heures. Ceci donne à cette station-ville à la fois une impression d'immensité, de grandes pièces, de couloirs à perte de vue, mais aussi d'étouffement tant l'ensemble est surchargé. A contrario, le design des personnages très simplifié et angulaire va me rebuter tout du long même si on fini par s'y faire. Mais ils se ressemblent tous, difficile de les distinguer, et les phases de mouvements ne sont pas des mieux rendues. Heureusement le livre est relativement statique. L'histoire est une dystopie, la Terre est impraticable, et ce qui reste de l'humanité est contrôlé par la corporation propriétaire de la station qui les héberge. Les dirigeants ont créé une société dans laquelle la consommation est l'objectif, voir la récompense ultime du travail. Rien ne motive plus la population que de suer pour s'offrir la dernière version du téléphone. La vie dans une station étant assez limitée, elle se résume donc en Travailler, Acheter, Dormir, et les habitants semblent avoir intégré ce principe de vie et cette conception du bonheur. Pour rassurer l'espèce humaine sur sa supériorité, ils ont intégré une sous-race d'animaux, les animoïdes, bipèdes pensants qui servent de petite main et d'exutoire pour se passer les nerfs. Et pour compléter le tableau, cherchant à se prendre pour dieu, la corproration prépare l'implantation d'une meilleure race d'humain dans les plaines du satellite Titan : Shangri-La. Dans ce contexte à l'équilibre fragile, certains esprits non formatés et conscients de leur liberté bridée préparent la révolution. Leur recherche de la vérité va forcément les amener à découvrir les horribles secrets et mensonges dans lesquels la corporation les maintient. La narration est intéressante, l'intrigue plutôt bien tournée, portée par des idées très originales, un excellent prologue et une fin qui pousse à la réflexion. La satire de la société de consommation est par trop évidente, tout comme la mise en avant des vils travers de l'espèce humaine, mais c'est tout au bénéfice de l'histoire. C'est donc avant tout le scénario et les décors qui ont réussi à garder mon attention jusqu'au bout, le rythme du début étant assez lent mais s'améliorant bien en seconde partie. Et si le style graphique des personnages eut été différent, ce Shangri La m'aurait certainement émerveillé. Cet OVNI mérite cependant le détour, au moins pour la reconnaissance de l'effort graphique. A noter, caché dans une des cases, un clin d'oeil à Tintin.
Le 15/03/2025 - 17:35 par LordTRY |
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